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Atelier Ecriture

Atelier Ecriture, Biographie et Traces
« Écrire, s’écrire » une autre manière de mettre en mots son ressenti, et ses émotions. Se redéfinir au travers de quelques lignes qui feront sens au fil des séances. Dédier ses mots par une recherche sur soi, une écriture biographique.

Atelier Ecriture, Fifi Fauroi

Aventures d’un chaton

Aventures d’un chaton
Fifi Fauroi

Mes yeux sont fermés. Je suis bien au chaud entre les pattes de maman. J’ai faim. Je chercher un téton. Miam… Miam… C’est bon. Je tête à n’en plus finir. Repue, je retourne contre le ventre bien chaud de maman.

Plus tard, maman me pousse. « Allez bouge… Va faire un tour. »

« Elle veut se débarrasser de moi ou quoi ? » Finalement, je sors de panier ou j’étais en sécurité.

Allez, un peu d’aventures… Un pas chancelant, prudent, je regarde à gauche, à droite…  Je sens… ! C’est quoi cette odeur ? Un peu d’air frais. Je vais voir. Ça sent bon ! Maman ne regarde pas. Oups, je file et …   Boum !!! Qu’est-ce que c’est ? Tiens, c’est transparent ! Maman arrive… « Attention ! Miaouh, Miaouh ! C’est une fenêtre ».

Mes frères et mes sœurs réclament à manger. Résignée, maman se rallonge dans notre panier pour contenter ses petits.

Et moi, je file…  Pas dans le transparent, euh la fenêtre, je veux dire. Je suis attiré par ce bon air frais.

Premier pas dans le jardin.

C’est quoi encore ce truc ? Ça bouge… Ça fait peur ! Je m’approche. Ça bouge encore. Je suis sur le qui-vive, une patte avant en l’air. Je remue l’arrière train, et d’un bond, je lui saute dessus. Ça sent bon, c’est vert ! C’est de l’herbe. Maman m’en a parlé. J’y goutte. Bof, pas terrible !

Bon, je vais voir ailleurs ce qui s’y passe. Ça bouge encore partout. Je vais un peu plus loin. Wahou ! C’est grand par ici ! C’est amusant aussi. L’herbe est haute, alors maman ne me voit pas. Youpi ! Quand la chatte n’est pas là, le chaton s’en va !

Soudain, je vois encore quelque chose que je n’ai jamais vu. Il ne bouge pas. J’ai peur. C’est grand, immense. Il doit me voir de là-haut… Je me cache dans l’herbe. Peut-être qu’il ne me verra pas ?

Je m’approche. J’essaie de le sentir. Il ne m’a pas vu. Un petit coup de langue. « Beurk » Ce n’est pas bon et ça râpe sur la langue. Toujours pas de réaction ! « Hé ho, je veux devenir ton copain ». Aucun signe !

« Bon, je vais y aller fort, si tu ne me réponds pas ».

Je sors les griffes….  Et je les plante dans son corps. Aie ! aie ! ça fait mal ! Oups ! C’est dur !

Qu’est-ce que ça peut bien être ? Réfléchis, sac à puce ! Un arbre ! Maman m’en a parlé aussi. Elle est très savante ma maman, comme toutes les mamans !

L’arbre ne me répond pas. Tant pis !

Et, si j’allais plus haut. Allez ! Un, deux, trois et … hop ! Je prends de l’élan, et je m’accroche au tronc marron. Je monte pour atteindre un tronc plus petit, une branche. Mes petites griffes sont bien aiguisées mais ça fait mal quand même. « Hé toi, sur la branche, la chose bleue, fais-moi une place ! »

Enfin, j’arrive là-haut. Je suis fatigué, mais j’ai réussi. Je suis un grand ! La chose bleue saute quand j’arrive. Oh, c’est dommage, je voulais qu’on soit copain ! Ce n’est pas grave, je me trouverai un autre ami. Je vois tout de là-haut. C’est mon domaine. Je suis fier d’être arrivé ici.

Soudain, je vois la chose bleue revenir vers moi et me foncer dessus. Il me percute et j’ai failli tomber mais je m’accroche avec mes petites griffes. La chose bleue se met au bout de la branche. Il me dit que c’est un oiseau et qu’il ne peut pas être mon ami.

Pourquoi ? Ce n’est pas parce qu’il ne me ressemble pas que l’on ne peut pas être copain !

Il est d’accord mais il a peur. Je suis plus gros que lui. Alors, je fais le premier pas. Je m’avance sur la branche. « Chouette, enfin, un nouveau copain, me dis-je ».

Mais je n’ai pas réfléchi et plus j’avance, et plus la branche devient fine. Ça penche. Encore, encore… L’oiseau bleu s’envole. Et moi, je suis dans le vide, les quatre pattes en l’air…

Je vole… Je vole…

Je tombe… Je tombe…

Ahhhhh…… Boum…. Me voilà les quatre pattes sur le sol. Je suis redescendu vite. Trop vite…

Maman, maman. Miaouh, miaouh….

C’est dur les aventures.

Vite, je rentre et retrouve le ventre chaud et doux de maman. Je suis fatigué.

Mais encore pleins de choses à voir et à découvrir. Je n’ai même pas peur. Et bientôt, je reprendrai mes aventures, mais pour l’instant, repos bien mérité.

J’ai sept vies et je commence la première avec impatience et curiosité.

Miaouh…. Miaouh….

Atelier Ecriture, Michel

Je suis un chat

Michel

Je suis un chat de la ville. Je vis dans un pavillon et j’y héberge une famille de bipèdes. Ce sont de drôles d’animaux, mais j ne suis pas là pour parler d’eux. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire…

Les bipèdes sont des êtres reconnaissants : ils vivent chez moi, alors ils me donnent régulièrement à boire et à manger. Enfin, parfois, ils semblent oublier… Alors, je m’assieds près de mon assiette et j’attends en miaulant. Ils finissent par comprendre… Mais certains jours, ils y mettent du temps !  C’est bien, parce que je mange à ma faim. La nuit, je chasse pour mon plaisir ! Je leur rapporte parfois mes proies, et ils n’ont pas l’air content ! Ils sont vraiment bizarres… La nuit, je sors retrouver ma bande de copains. Enfin, l’été, parce que l’hiver je préfère passer la nuit dans mon intérieur douillet. Mais c’est mon jardin secret, alors je ne vous raconterai pas !

Les bipèdes me font aussi des caresses. Mais ils sont exigeants : c’est quand ils veulent et quand ils veulent…Est-ce que j’ai l’air d’un petit chien, gentil-petit-toutou-à-sa-maitresse ? Quand j’ai envie de caresses, je leur demande… à ma façon, sans insister outre mesure. Alors ils comprennent plus ou moins bien, selon les moments. Oh, il y a ceux qui comprennent mieux… Alors, je m’adapte !

Et puis, de temps en temps, la maison est envahie par des lutins crieurs, et, pour certains, harceleurs. Alors je disparais dans mes cachettes, et j’attends que la tempête s’éloigne…

En fait, j’ai parfois du mal à comprendre les bipèdes. Je trouve en fait qu’ils manquent de sagesse, enfin, de celle des philosophes. Pourquoi veulent-ils que le monde soit comme ils le veulent. Et ils semblent avoir du mal à comprendre l’importance de savoir attendre que l’instant opportun se présente pour s’en saisir…

Miaououou

 

Atelier Ecriture

Je suis un chat

Je suis un chat
Nono

Miaou, miaou, c’est moi Cachou, enfin c’est ce qui était écrit sur le collier que j’ai perdu quand je suis partie de chez moi.

Vous ne me connaissez pas, alors je vais vous raconter ma vie.

Je suis née dans une gentille famille de deux enfants où je vivais entourée de deux frères et sœurs. Nous étions choyés, câlinés surtout moi qui étais la préférée de ma petite maitresse, ce fût un véritable bonheur pendant un temps.

Puis, bizarrement, ma petite maitresse fit de moins en moins attention à moi. Elle était  beaucoup moins enjouée, presque toujours fatiguée, je ne la reconnaissais pas. J’essayais bien de la divertir un peu, je m’installais sur ses genoux, ronronnais dans son cou, mais je voyais bien que par moment je l’agaçais. Elle a commencé à  s’absenter, au début quelques jours et elle réapparaissait, puis repartait. Cela se produisait de plus en plus souvent. Je me rendais bien compte que quelque chose n’allait pas.

Et…,  elle n’est plus revenue.

Ma vie n’a plus été la même. La maisonnée était triste. On nous donnait nos repas mais plus de câlins, plus de jeux, plus de rire. Ma petite maîtresse me manquait, alors, un jour moi aussi je suis partie.

Cela n’a pas été facile. Je marchais beaucoup, au hasard. Je n’avais pas d’endroit où me reposer, j’étais toujours aux aguets, C’est ainsi que j’ai découvert tout le quartier. J’ai dû me débrouiller pour survivre. Quand j’avais faim, j’essayais de réclamer auprès des habitants, mais j’étais toujours chassée, avec des cailloux, avec des cris « file de là », « dégage », voire même à coups de pieds.

Quelle galère !! Je n’étais pas habituée à ce genre de comportements.

Pour subsister, j’allais chasser, mais ce n’était pas toujours fructueux alors je me rabattais sur les sacs poubelles, quand j’en trouvais. Je les perçais en espérant récupérer un petit quelque chose, ce qui n’était pas toujours le cas. Pour boire, les flaques d’eau étaient rares, surtout en été. Dur dur !!

Pour dormir un peu, je me blottissais sous les arbres ou dans des tas de bois, ou encore dans des jardins privés quand il y avait un abri. Je m’y sentais protégée. Mais là, la concurrence était féroce, je me battais souvent pour défendre mon petit coin. Pour passer le temps, je chassais, surtout les oiseaux. Qu’est-ce qu’ils sont rapides!! Je restais des heures à les guetter, sans bouger, mais impossible de les attraper.

Je trouvais le temps long, je n’avais pas très envie de jouer. Je traînais çà et là.

Et puis, un matin de printemps, je suis arrivée devant un jardin où deux petits chiens blancs étaient en train de jouer. Je les ai observés un moment, et  doucement  j’ai essayé de me joindre à eux.  Surprise, ils ne m’ont pas chassée. Je trouvais bien leurs jeux bizarres… Mais bon !! Je les ai suivis. D’abord de loin, puis j’ai couru avec eux. Çà, je sais faire !! Je me suis retrouvée avec eux devant la porte de leur maison.

Là ils sont rentrés. Je n’ai pas osé les suivre. Alors, tristement je suis partie traîner dans d’autres jardins.

Je suis revenue régulièrement. Je les attendais, j’espérais les voir, jouer avec eux. Mais ils n’étaient pas toujours dehors. Alors, un jour, j’ai sauté sur le rebord de la fenêtre. J’ai regardé à l’intérieur de la maison, espérant les apercevoir.Mais je n’ai vu qu’un couple.

Je suis repartie.

Plusieurs fois, je suis revenue devant cette maison pour tenter ma chance. Et un  matin, j’ai eu la surprise de voir la porte s’ouvrir. La dame m’a apportée une petite coupelle de croquettes et m’a fait une caresse. Que c’était bon !! Je suis partie réconfortée, en me disant que j’allais revenir, que cette dame était gentille, comme ses chiens.

Et un jour, la porte s’est ouverte, on m’a invitée à entrer, j’ai eu droit à nouveau à des croquettes et des bisous. Quel bonheur !! Je ne suis pas ressortie.

J’ai appris, depuis, que c’est Béa qui m’a accueillie et que mes copains s’appellent Tommy et Voyou.

Ils sont supers avec moi, ils acceptent que je me repose à leur côté. Nous jouons quelquefois ensemble mais nous n’avons pas toujours les mêmes jeux.

Béa est très gentille, elle est très câline,  je crois que finalement je ne déplais pas trop à cette famille. En tout cas moi, ils me plaisent énormément. Nous nous sommes adoptés. Souvent le soir, quand Béa regarde la télévision, je pousse Voyou qui est installé sur ses genoux pour le remplacer. Il grogne mais j’ai le dernier mot. Je suis chez moi aussi après tout !! Alors je  m’allonge sur Béa qui me fait des caresses mais elle râle à chaque fois que je lui pétris les cuisses, je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs !!

Grâce à Tommy et Voyou, j’ai appris beaucoup de choses. Pour sortir, ils se mettent devant la porte et aboient, moi je miaule. Quand j’ai envie de manger, je fais comme eux, je m’assois devant le placard où se trouve notre nourriture.

Quelquefois, la voisine, que Béa appelle Nono, vient nous rendre visite. On a fait connaissance. Je la vois souvent dans le jardin d’à côté, si bien que maintenant, quand je sors et que Béa ne répond pas à mes appels je peux aller trouver Nono qui gentiment m’offre le gîte et le couvert. Chez elle, j’ai de la pâtée. C’est différent des croquettes, mais j’aime bien aussi.

J’ai maintenant une deuxième maison. J’y vais quand mes maitres d’adoption s’absentent. Je suis très chouchoutée chez Nono aussi. Par contre, il me manque les chiens que j’adore taquiner, surtout en leur piquant un panier, ils sont obligés de dormir à deux dans l’autre.

J’ai aussi repris goût aux jeux. Dans le jardin, je cours après les feuilles, essaye d’attraper les insectes. Je chasse pour le plaisir, et quand j’attrape une souris, j’en fais cadeau à Béa. Un jour je me suis même amusée avec une pie : c’était à celle qui arriverait à approcher le plus près de l’autre. Quand je bougeais, elle se sauvait et revenait me narguer régulièrement. Un rien m’amuse, un bouchon, une ficelle, une mouche.

Souvent, Béa s’en va en voiture avec son mari et les chiens. Alors je vais squatter chez Nono, ça me va bien. Sa maison est à ma disposition. Quand il fait froid, j’adore m’allonger devant la cheminée. Dans la véranda aussi c’est sympa : j’ai une chaise longue à ma disposition d’où je peux regarder les oiseaux, les pies, les pigeons qui viennent picorer dans le jardin. Parfois, je vais dans une chambre, à l’étage, je me blottis entre deux oreillers et je m’amuse quand j’entends Nono ou son mari me chercher partout en m’appelant.

Cependant, je suis très heureuse de retrouver  Tom et Voyou quand ils reviennent, je m’ennuie quand même sans eux.

Un printemps, je me suis retrouvée coincée dans une cage. On nous a déposées dans la voiture. Je n’étais pas au bout de mes surprises. Après quelques heures et beaucoup de miaulements on m’a libérée dans une nouvelle maison. Heureusement, Tommy et Voyou m’ont rassurée par leur calme, ils connaissent bien les lieux. Doucement je me suis appropriée la maison, le tour de la piscine, le jardin, les nouveaux bruits et les nouvelles odeurs. Nous y retournons régulièrement. Quand on revient,  je vais dire bonjour à Nono et déguster ma pâtée.

Dernièrement, j’ai eu pas mal de soucis de santé. Béa et Nono m’ont emmenée chez le vétérinaire qui leur a dit que j’avais les problèmes de mon âge. Je ne comprends pas tout mais je me force à avaler les comprimés et supporte les piqûres.

Dorénavant,  Béa ne me laisse plus seule. Elle m’emmène même à la montagne où je ne peux pas sortir. Il y fait très froid et il y a trop de neige. Brrr  Brrr !!

De plus en plus souvent, mes soucis de santé obligent Béa à m’emmener chez le vétérinaire. Elle se fait beaucoup de soucis car elle a découvert une boule sur mon ventre.

Maintenant, je suis bien fatiguée. Je n’entends plus beaucoup et je passe énormément de temps à dormir. Je prends beaucoup de médicaments, et mes compagnons me fatiguent. Je n’ai plus le courage d’aller voir Nono. Alors, elle vient de temps en temps prendre de mes nouvelles.

J’ai beaucoup de temps pour penser.

Je me dis que ma vie bien que chaotique, est heureuse. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir été adoptée par des gens formidables.

Et je sais, maintenant, que c’est avec eux que je finirai ma vie.

 

Alice Gabrielle, Atelier Ecriture

Si j’étais une chatte

Si j’étais une chatte
Alice Gabrielle

Je m’appelle Clochette. La jeune femme qui vit chez moi m’a nommée ainsi parce que, pour elle, je suis sa fée. Sa fée clochette, vous connaissez ?

Savez-vous que nous, les chats, de même que toute espèce d’animale, abritons, cachés dans nos poils, des familles entières de fées, elfes et autres farfadets. à ne pas confondre avec les puces qui s’invitent parfois dans nos pelages ! Non, les fées et les elfes sont loin de nous nuire. Au contraire, ils nous protègent et nous aiment d’un si grand amour que, sur Terre, les humains ne peuvent le concevoir. Ce que les fées apprécient beaucoup, c’est de nous voir, nous les chats, être caressés par une main humaine. Ah ! Les caresses ! Que ne donnerais-je pas pour en avoir ? J’avoue être capable de harceler elle qui me sert, ici, dans cette maison en miaulant et en tournant autour d’elle jusqu’à ce qu’elle craque. J’adore venir l’embêter quand elle se prépare dans la salle de bain, chaque matin et chaque soir. Curieusement, elle est plus avare de câlins le matin, comme si je lui volais son temps.

Dans la salle de bains, j’aime monter sur le rebord de la baignoire et miauler pour qu’elle me donne à boire. Les gouttes d’eau tomant du robinet, une à une, me fascinent tant que je peux rester à contempler ce spectacle sans me lasser. Mais soudain, voilà qu’elle ferme le robinet quand elle s’aperçoit que je ne bois pas. Aucune sensibilité ! J’aime aussi me lover dans le creux du lavabo et m’abandonner avec volupté aux caresses. Une sorte de balnéothérapie mais sans eau, cette fois-ci !

Si vous essayez de m’attraper, même avec douceur, vous n’y parviendrez pas. Mais posez-vous tranquillement où vous voudrez, sur le canapé par exemple, je viendrai aussitôt m’installer sur vos genoux. Caressez-moi et je ronronnerai de plaisir !

Mon activité principale consiste à dormir. Cela m’occupe de jour comme de nuit. Vous me trouverez souvent près du radiateur en hiver ou bien sur la pierre chauffée par le soleil en été. J’ai mes petites cachettes aussi car j’apprécie la tranquillité. Tout ce qui contient du linge m’intéresse : panière, armoire, tiroir de commode… Le papier m’attire aussi. J’aime me coucher sur des livres, des dossiers, des prospectus… et me mettre en boule au fond de la corbeille à papier. Je change de refuge selon les périodes. La solitude a du bon mais dormir tout contre celle qui vit chez moi à l’heure de la sieste ou pendant la nuit me comble de bonheur. Cela me rappelle le temps béni où, avec ma fratrie, nous étions tous blottis les uns contre les autres. Quel beau concert de ronrons !

« Qui dort dîne ! », N’est-ce pas ? Je veille à ce que ma gamelle soit toujours remplie de mes croquettes préférées. Je peux attendre assis près de mon écuelle vide jusqu’à ce qu’enfin l’on comprenne le message.

Je ne vous ai pas raconté le temps passé à me laver pour faire disparaitre toute odeur étrangère. Je n’ai plus le temps non plus de vous relater mes exploits quand je cours partout à vive allure et que je saute sur mes proies. Voici de nouveau l’heure de ma sieste ! à une autre fois !

Atelier Ecriture, Farah Camus

Je suis un chat ou l’art de la séduction

Je suis un chat ou l’art de la séduction
Farah Camus

Depuis peu je connais une grande et belle maison, à l’air très confortable, avec un jardin magnifique. Je me promène sur les rebords des fenêtres, je vois le feu dans la cheminée, les livres ouverts sur les tables basses, les jouets d’une petite fille.

à midi, la cuisinière sert des plats très appétissants dans la salle à manger : poulet, rôti, poisson. à table, il y a une femme assez jeune et une petite fille, Elles parlent et elles rient. J’ai déjà essayé de séduire la jeune femme, Sans succès,

Mais la petite fille n’est pas insensible à à mon charme, à mes poils roux et soyeux et mes yeux verts. Souvent, en sortant de la maison, elle s’arrête pour me caresser, Hier je suis monté jusqu’à sa chambre, la fenêtre était  ouverte, Alors je suis rentré et je me suis installé sur le lit. En rentrant de l’école, elle a été très étonnée de me trouver sur son lit. Nous avons joué ensemble, elle veut m’apprendre à lire et fait la maitresse, à l’heure du diner elle m’a apporté une soucoupe de lait.

C’était bien agréable de dormir près de son oreille, sous les draps tout doux et propres, et de sentir son souffle. Je n’ai pas manqué de ronronner de toutes mes forces pour l’habituer à ma présence, Ce qui m’a fatigué énormément, Au petit matin entendant les oiseaux chanter et virevolter devant la fenêtre je n’ai pas pu résister, et je suis sorti discrètement dans le jardin

J’espère qu’en se réveillant je vais lui manquer, et que ce soir elle va guetter mon retour, Mais je n’irai pas dans sa chambre ce soir, Il faut qu’elle se rende compte que ma présence est précieuse, J’irai peut être demain, ou après-demain…

Ainsi, peut-être, bientôt je serai le chat de cette belle maison.

Ce soir je l’ai vue de ma cachette, Elle regarde par la fenêtre, elle appelle, minou, minou, mais je reste bien caché dans le feuillage de l’arbre qui se confond avec mon pelage roux. Au bout de quelques temps, elle abandonne, Elle s’en va, mais laisse la fenêtre entrouverte. Lorsqu’elle s’endort, je rentre et je m’installe sur le lit, Elle ne se rend compte de rien. Au petit matin, avant qu’elle se réveille, je m’en vais, Je passe de longues heures à courir et chasser dans le jardin.

Je regagne sa chambre avant qu’elle arrive de l’école, je suis bien fatiguée aujourd’hui. Elle rentre dans la chambre et en me voyant elle à un grand sourire qui illumine son petit visage, Elle me dit : alors tu étais passé où, petit monstre ? Point de réponse mais je ronronne et fais des galipettes pour l’amuser, Il me faut subir encore sa leçon d’aujourd’hui pour l’amadouer.

Une fois le jeu terminé, je me mets devant la porte de sa chambre et je miaule avec une intonation désespérée. Je vais lui faire comprendre que je veux descendre au rez  de chaussée, Je sais parfaitement qu’elle n’ouvrira pas la porte de crainte de sa mère, Que dira-t-elle ? Elle essaye de m’amadouer, jeu de ficelle, coupelle de lait, mais je dédaigne tout cela et m’enfuis par la fenêtre, Soit je suis dans la maison mais partout, soit je ne suis pas du tout ! Elle est triste et regarde par la fenêtre.

Le lendemain  à l’heure ou elle part à l’école je me poste devant la porte d’entrée, Elle sort de la maison et, me voyant assis sagement devant la porte, elle saute de joie. Elle crie maman, maman, c’est mon chat, il est revenu, Sa mère la tire par la manche et l’emmène en me jetant un coup d’œil distrait.

J’attendrai le retour de la mère allongé sur le paillasson, Elle me verra ainsi tous les jours devant sa porte après avoir déposé sa fille à l’école. Ainsi je vais, je viens, je l’approche, je me laisse caresser… ou je m’enfuis selon mon humeur !

La maman dit à sa fille : mais c’est un vrai sauvage, La petite fille répond, agacée : mais pas du tout, il vient dans ma chambre et dors avec moi.

Depuis peu, lorsque la maman reviens de l’école  et ne me voit pas sur le paillasson, elle regarde partout et appelle timidement : minou, minou, évidemment je ne réponds pas. Je suis en mode camouflage.

Ainsi va ma vie de chat, Dehors… Dedans… Absent… Présent… Je persévère et affine ma stratégie de séduction chaque jour.

Enfin, la semaine dernière, la maman revient de l’école, Il fait un peu de vent, il pleut, Elle ouvre la porte. Je me glisse doucement entre ses jambes et je rentre dans la maison, Je m’assois à coté de ses jambes, l’air soumis et innocent.  Bah oui, j’ai froid ! Tu ne vois pas ? Elle pose ses clés, son sac, se penche vers moi en me caressant le dos et me dit finalement : tu n’es pas si sauvage que ça.

Voilà, je suis le chat de la maison