La mer

La mer

La mer s’est retirée, je reste seule, non pas isolée, non pas détachée de mes tourments mais seule face à moi-même…
LA MER
Assise sur ce sable encore légèrement humide, je dessine du bout des doigts une étoile de mer. Je rêve depuis longtemps
de ce moment de solitude avec moi-même. La mer et l’eau en général me stabilisent, l’infini de la ligne d’horizon, le ressac
des vagues, l’embrun me transporte dans un autre monde, un univers calme et serein. Je calque ma respiration sur le
mouvement des vagues, et les yeux perdus dans le bleu, je voyage dans ces moments de ma vie passée, présent, et des fois
futures.
Le vent et la légère bruine me gardent présente au réel sans me perturber le moins du monde.
C’est marrant, ce temps qui passe autrement, quand l’espace nous est offert.
Pendant un moment, on peut lâcher prise et juste apprécier l’instant comme un temps suspendu.
L’ouverture d’un autre possible, une petite parenthèse dans l’enfer d’un quotidien écrasant et stressant.
Sur cette plage, en ce mois de novembre, toute athée que je suis, je me retrouve à prier, non pas tel ou tel dieu, mais juste
moi, je me prie de tenir, je me prie d’essayer encore, je me prie de ne pas baisser les bras.
Des larmes coulent, un sourire éclos, une pensée s’achève. J’efface de la paume de ma main les gribouillis inscrits dans le
sable. J’enlève mes chaussures et pieds nus marchant le long de la ligne d’eau, je fredonne un air d’une de mes chansons
préférées. Je marcherais jusqu’au coucher du soleil, où les couleurs atteignent mon cœur. Et les poches remplies de
coquillages je resterais, le cœur léger et l’âme posée, sur cette immensité où j’espère un jour déposer mes valises.
Gaelle J.